1. Introduction
Les Mini Mondes est une entreprise nantaise qui fait découvrir le monde aux enfants à travers des magazines éducatifs et des jouets écoresponsables, 100% made in France. Forte d'une communauté de plus de 80 000 familles, la marque a souhaité explorer une nouvelle dimension de son offre : une application mobile qui deviendrait "le bon réflexe des parents" pour trouver des lieux et des activités kids-friendly.
En une semaine de design sprint, j'ai conçu la base de ce qui allait devenir l'application Les Mini Mondes, en m'appuyant sur la communauté existante pour prendre des décisions de conception en temps réel, du brief initial jusqu'au prototype testé.
Comment pourrions-nous concevoir en une semaine un concept d'application validé par les utilisateurs, afin de donner aux parents de la communauté Les Mini Mondes un outil qui devienne leur premier réflexe pour organiser des activités avec leurs enfants ?
Conception UX/UI du produit : cadrage, parcours, wireframes et prototype.
Sondages guerilla via Instagram + tests utilisateurs pour valider les choix en cours de sprint.
Définition du périmètre, arbitrages de scope et clarification de la proposition de valeur.
2. Définition du problème
Le marché des applications "family-friendly" est occupé par des acteurs généralistes (Google Maps, TripAdvisor) qui ne s'adressent pas spécifiquement aux familles avec enfants et ne filtrent pas leur contenu en conséquence. Les Mini Mondes avait déjà une longueur d'avance : une communauté engagée, une marque de confiance et une promesse claire autour de l'écoresponsabilité et du fait-maison.
L'enjeu n'était pas de créer un produit de zéro, mais de prolonger cette relation de confiance dans un nouvel espace numérique, en offrant quelque chose que les grandes plateformes ne proposent pas : une curation pensée par et pour les familles.
La recherche utilisateur a pris deux formes complémentaires, toutes deux menées en mode guerilla pour s'adapter au format sprint. D'un côté, des sondages quotidiens sur le compte Instagram Les Mini Mondes, dont les résultats étaient collectés chaque matin pour orienter les décisions de conception de la journée.
Ces sondages ont permis de trancher des questions structurantes : faut-il afficher les points d'intérêt en vue carte ou en vue liste ? Doit-on permettre aux utilisateurs de poster du contenu ? L'application doit-elle intégrer des activités à faire à la maison, alors que sa vocation première est de pousser les familles vers l'extérieur ?
De l'autre côté, six sessions de tests utilisateurs ont été menées le sixième jour du sprint, auprès d'un mix de parents déjà convaincus par Les Mini Mondes et de parents qui ne connaissaient pas encore la marque, pour valider le prototype avant la restitution finale.
Une communauté existante comme accélérateur de conception
Avec 80 000 familles déjà engagées, Les Mini Mondes disposait d'un panel de test naturel et réactif. Solliciter cette communauté directement pendant le sprint a permis de prendre des décisions fondées sur des données réelles plutôt que sur des hypothèses.
Une marque de confiance à prolonger dans le numérique
Les parents qui achètent les magazines et les jouets Les Mini Mondes font déjà confiance à la sélection de la marque. Une application qui prolonge cette promesse de curation avait une crédibilité d'entrée que la plupart des nouveaux produits n'ont pas.
Le "bon réflexe" plutôt que l'outil exhaustif
L'ambition n'était pas de concurrencer Google Maps ou TripAdvisor sur le volume de contenu, mais de proposer une expérience plus ciblée, plus simple et plus fiable pour les familles. Moins de résultats, mieux filtrés, mieux adaptés.
3. Conception de la solution
Le sprint a suivi une structure adaptée aux contraintes du projet : une journée d'immersion, deux journées d'exploration et de cadrage, deux journées de conception (wireframes, contenu et première couche d'UI), puis deux journées dédiées aux tests et à l'analyse.
Le périmètre a été verrouillé en milieu de semaine autour des fonctionnalités les plus directement liées à la proposition de valeur : la découverte de lieux et d'activités kids-friendly, le parcours d'inscription et d'onboarding, et la navigation entre vue carte et vue liste.
Les questions de périmètre les plus ouvertes (contenu généré par les utilisateurs, activités indoor) ont été tranchées grâce aux sondages Instagram, ce qui a évité des débats internes interminables.

Chaque soir, je livrais une sélection d'écrans à Marine et Quentin pour qu'ils puissent réagir, challenger les choix et faire remonter des retours de leur côté. Ce rythme d'itération quotidien a permis de maintenir un alignement constant entre les intentions de design et la vision des fondateurs, sans jamais décrocher du terrain.
Les wireframes ont progressivement intégré une couche de contenu réel pour que les tests utilisateurs du jour 6 se déroulent dans des conditions proches de celles du produit final. Le prototype livré en fin de semaine couvrait le parcours complet, de la première ouverture de l'application jusqu'à la consultation d'une fiche activité.

La contrainte de temps imposait une approche pragmatique : une couche d'UI légère, cohérente avec l'univers graphique de Les Mini Mondes, suffisamment aboutie pour que les testeurs se projettent dans le produit sans que les choix visuels interfèrent avec les retours sur la navigation.
L'objectif était de valider les parcours, pas de finaliser une identité visuelle. La suite de la mission, confiée à Adeline pour la phase de conception finale, a pu s'appuyer sur ces bases pour aller plus loin sur le plan visuel.

À l'issue du sprint, Nadia, la Product Owner, a participé à la restitution pour faire le bilan de la semaine et définir les préconisations pour la suite. Nous avons ensemble établi le product backlog et priorisé les features en vue de la phase suivante.
La conception finale de l'application a ensuite été prise en charge par Adeline, et le développement a été assuré par les équipes de Lonestone en partenariat avec l'équipe technique interne des Mini Mondes.
4. Résultats & apprentissages
L'application n'a pas été lancée, la priorité ayant été donnée à d'autres sujets dans la feuille de route de Les Mini Mondes. Pour autant, la mission a pleinement atteint son objectif : produire en une semaine un concept validé, un prototype testé et un backlog priorisé, prêts à être transmis pour la phase suivante.
L'engagement de la communauté lors des sollicitations Instagram a été particulièrement fort, confirmant l'appétit des familles pour ce type de service et la solidité de la relation entre la marque et sa communauté.
Ce sprint m'a confirmé quelque chose que j'avais intuitionné mais pas encore mesuré aussi directement : disposer d'une communauté existante, même modeste, change radicalement la nature du risque produit.
Pouvoir poser une question à sa communauté le soir et avoir des réponses le lendemain matin, c'est une forme de recherche utilisateur continue et peu coûteuse que la plupart des startups en phase de lancement n'ont pas. Ça économise du temps, ça réduit l'incertitude et ça permet de trancher des débats de conception avec des données plutôt qu'avec des opinions.
Ce que je referais différemment ? J'aurais aimé intégrer davantage de non-utilisateurs de la marque dès les sondages Instagram, pas seulement dans les tests finaux. La communauté Les Mini Mondes est engagée et bienveillante, ce qui est une force, mais cela peut aussi biaiser certaines réponses en faveur de la marque. Confronter les hypothèses à des regards plus neutres dès le début aurait renforcé la robustesse des décisions prises en cours de sprint.